BioteCH4 valorise les huiles issues des déchets alimentaires pour générer une nouvelle source de revenus

Une entreprise britannique de gestion des déchets s’appuie sur une technologie de séparation par décanteur de pointe pour développer une nouvelle source de revenus : transformer les huiles et graisses usagées en matières premières de haute qualité pour l’industrie des biocarburants.

DATE 2026-09-22
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BioteCH4 est basée dans le Lincolnshire, dans l’est du Royaume-Uni. L’entreprise possède et exploite des unités de digestion anaérobie réparties sur six sites à travers le pays. Ces installations valorisent des déchets alimentaires commerciaux et domestiques provenant de diverses sources afin de produire du biogaz, utilisé ensuite pour générer de l’électricité.  

En 2022, l’entreprise a traité 557 000 tonnes de déchets alimentaires issus de collectivités locales, de fabricants et producteurs agroalimentaires, d’entreprises de gestion des déchets, de courtiers en déchets et de distributeurs alimentaires. Cette matière a permis de produire 280 000 MWh d’électricité, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 78 000 foyers britanniques. 

« En tant que l’un des principaux acteurs britanniques du traitement des déchets alimentaires, nous cherchons en permanence de nouvelles façons d’améliorer nos méthodes durables de recyclage. La volatilité des prix du pétrole ces dernières années, associée à la forte demande des grands producteurs de biodiesel pour de nouvelles sources durables d’huiles usagées, nous a incités à explorer nos idées avec Alfa Laval, leader reconnu du marché. Nous connaissions depuis longtemps le potentiel lié à l’extraction des huiles présentes dans les déchets alimentaires, mais cette collaboration nous a permis d’aller encore plus loin », explique Lee Dobinson, Chief Commercial Officer de Bisviridi.  

L’occasion d’explorer une toute nouvelle source de revenus s’est présentée en 2020, lorsque Alfa Laval UK a proposé à l’entreprise une solution innovante. Celle-ci devait non seulement ouvrir l’accès à un nouveau flux de revenus, mais aussi renforcer les bénéfices durables du procédé existant et, par conséquent, diversifier davantage les revenus associés.  

Alan Farr, ingénieur commercial Food Separation & Food Systems chez Alfa Laval UK, a alors engagé des discussions avec BioteCH4 sur le potentiel de la technologie de décantation centrifuge pour séparer les huiles et graisses des déchets alimentaires, en vue de les vendre à des producteurs de biocarburants. 

L’intérêt initial a été fort, et BioteCH4 a décidé de lancer une validation de 12 mois. À cette fin, un décanteur monté sur skid Prodec Oil Plus a été installé sur le site de l’entreprise à Hemswell. 

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« Ils devaient s’assurer que l’extraction de l’huile n’aurait aucun impact sur le processus de digestion anaérobie », explique Alan. « Grâce à des essais réguliers et à des ajustements progressifs, Bisviridi a compris que le procédé devait être suivi et optimisé en continu pour obtenir les meilleurs résultats. » 

Pour Alfa Laval, ce projet représentait une première mondiale dans cette application, avec de nombreuses inconnues au départ. La solution allait-elle fonctionner ? Permettrait-elle de récupérer suffisamment d’huile ? Le décanteur serait-il capable de traiter une matière aussi exigeante ? L’extraction de l’huile aurait-elle un effet sur la production de biogaz ?  

« Au final, l’essai s’est avéré très concluant », se souvient Alan. « En 12 mois, nous avons répondu à toutes les interrogations du client. Le décanteur produit jusqu’à 300 litres d’huile par heure, sans effet négatif sur la production de biogaz. La qualité de l’huile obtenue dépasse même les attentes initiales. La formation de mousse est restée maîtrisable et diminue à mesure que la biologie s’adapte. Le décanteur a également bien géré la présence de particules comme le plastique. » 

En décembre 2021, BioteCH4 a confirmé une commande de cinq décanteurs Prodec Oil Plus montés sur skid. Deux sont désormais en service, et les derniers doivent être livrés très prochainement. 

Pour Alan, cette réussite bénéficie à toutes les parties : « BioteCH4 valorise désormais un flux d’huile durable qui génère des revenus supplémentaires. Les entreprises spécialisées dans les huiles techniques, notamment issues du biogaz, y trouvent également leur intérêt, car les pouvoirs publics accordent des subventions et un accompagnement lorsqu’elles identifient de nouvelles sources durables d’huiles usagées. Tout le monde y gagne. Tous avancent dans la même direction. Il s’agit de durabilité, mais aussi de créer davantage de valeur à partir des déchets. » 

Bisviridi et Alfa Laval : un partenariat innovant

Le partenariat entre Bisviridi et Alfa Laval s’est développé au cours des trois dernières années et a abouti à un procédé breveté, fondé sur une intégration innovante et une optimisation du processus de digestion anaérobie. Développée par Bisviridi, membre du groupe BioteCH4 , cette innovation offre à BioteCH4 une solution durable et performante pour son procédé d’extraction d’huile, grâce au décanteur Alfa Laval Prodec Oil Plus. 

Spécifiquement conçue pour la digestion anaérobie, cette technologie brevetée s’appuie sur de nombreuses années d’expérience dans le traitement des déchets alimentaires. En partenariat avec Alfa Laval, Bisviridi a breveté ce procédé, qui constitue une solution innovante et efficace pour les acteurs du traitement des déchets alimentaires, dont BioteCH4. 

Produits vedettes

Vidéo avec BioteCH4

En partenariat avec Alfa Laval, nos clients transforment leurs coproduits en matières premières à forte valeur ajoutée, afin d’exploiter au maximum leurs ressources. Découvrez leur témoignage en vidéo.

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Depuis le début de la guerre en Ukraine, le monde connaît une forte pénurie d’huiles alimentaires destinées à la consommation humaine, ainsi que d’huiles de cuisson usagées utilisées pour la production de biocarburants. Le conflit a en effet retiré du marché près d’un tiers de la production mondiale d’huile de tournesol. Cette situation a conduit l’Indonésie à interdire les exportations d’huile de palme, également utilisée dans la production de biocarburants. Selon l’AIE, la demande en HVO devrait augmenter de 28 % sur la période 2021-2026. 

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Les biocarburants produits à partir de déchets organiques valorisés, notamment les déchets alimentaires, présentent une empreinte carbone nettement plus faible. Ils permettent aux collectivités et aux exploitants d’unités de digestion anaérobie de transformer un problème coûteux de gestion des déchets en source de revenus, d’autant que les huiles de cuisson usagées et les graisses sont très demandées pour la production de biocarburants. 1 000 litres de diesel émettent 3,6 tonnes de dioxyde de carbone. À titre de comparaison, 1 000 litres d’huile végétale hydrotraitée (HVO), produite à partir de matières premières renouvelables comme les huiles de cuisson usagées, le suif ou d’autres graisses, n’émettent que 195 kg de CO2e. (Source : AIE) 

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La dérivation du flux d’huile vers un décanteur Oil Plus, afin de maximiser la récupération, peut générer jusqu’à 300 litres d’huile supplémentaires par heure, sans compromettre la production de méthane. Le retour sur investissement est inférieur à un an, quelle que soit la taille de l’installation de digestion anaérobie. 

Upcycling

L’extraction d’huiles valorisables, comme les huiles alimentaires usagées, à partir de déchets organiques recyclés permet de récupérer d’importants volumes d’huile d’une pureté quasi parfaite, prêts à être destinés au marché des huiles techniques et à répondre à la demande croissante en carburant d’aviation durable.